Les préoccupations économiques de l'Ancien Régime,
exclusivement basées sur la crainte de la famine, conduisirent le Conseil à
privilégier la plantation de céréales aux dépens de la vigne.
Ainsi en 1732, l'intendant Le Pelletier de Beaupré constatait, dans un rapport
adressé au roi de France, que la vigne occupait au moins la moitié des terres
de l'élection de Bar et proposait de faire arracher toutes les vignes plantées
dans les terres à froment.
Cependant, à la veille de la Révolution, la viticulture devait encore occuper
une place prépondérante dans le barsuraubois. Aussi, ne faut-il pas s'étonner
de ce tableau du commerce de la ville de Bar sur Aube, dressé
par les officiers municipaux le 13 novembre 1774 : "Le vignoble de la direction
de Bar sur Aube produit année commune 35000 tonneaux de vins ; il s'en consomme
un tiers dans le pays, le surplus s'exporte par terre à Chaalons, Reims, Saint
Dizier, en Flandre, en Piccardie et à Paris, à raison de dix-huit francs par
muids pour frais de transport dans la capitale". De plus, dans un autre
tableau dressé le 1er juin 1788, et, sous la question : quelle est l'industrie
ou commerce qui fournit aux habitants des ressources particulières ? figurait
cette réponse : "La culture des vignes ; la rente
des vins et eaux-de-vie qui se fabriquent dans le pays".
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